Cet article sert d’archive pour toutes mes activités d’écriture avant 2026.
Comme tout le monde, j’imagine, j’ai écrit pendant des années dans ma chambre avant d’oser rendre mes textes publics. Rien de bien intéressant, si ce n’est des croquis, des expérimentations et des histoires parfois touchantes puisqu’elles se cherchent. J’ai gribouillé toutes sortes de moitiés d’histoires sur des feuilles d’imprimante agrafées entre elles quand j’étais à l’école primaire et je les lisais devant toute la classe parce que la maîtresse m’avait encouragé. Personne ne m’avait demandé d’écrire ou de lire quoique ce soit, conventionnellement, raconter des histoires était une affaire d’adulte, alors j’étais devenue la fille bizarre de l’école.
Fin primaire, je découvre la poésie de Jacques Prévert avec Le cancre et Page d’écriture que nous récitions en classe, et Les feuilles mortes que nous chantions en chorale pour le spectacle de fin d’année. J’écrivais les paroles en cours pour m’en souvenir, et je m’amusais à inventer une suite aux poèmes. Puis, j’ai lu Paroles. Tout ne me paraissait pas accessible, mais tout faisait résonner une chose en moi que je n’avais pas encore identifiée. Des années plus tard, j’ai compris le lien entre les poèmes de Prévert, mon histoire et la guerre. J’avais appris Barbara par coeur, je savais déjà comment appeler ma fille si un jour j’en avais une.
J’avais aussi intégré l’entreprise solitaire de l’écriture, exclusivement de poèmes. Les premières années, c’est-à-dire au début de mon adolescence, j’avais fait de Paris ma muse, je l’avais personnifiée à travers un nombre incalculable de vers avec des yeux infiniment amoureux alors que je n’y avais jamais mis les pieds. Je ne m’explique toujours pas pourquoi.
Puis, sans que je ne puisse m’y attendre, je déménage à Paris à 19 ans, pour y faire mes études. Tout s’est fait très vite, j’ai été acceptée dans une école à laquelle j’avais candidaté sans vraiment y croire. J’ai moins de deux mois pour trouver un appartement et m’y installer et alors que je déballe mes cartons, la vie à Paris n’avait toujours pas dépassé le stade du fantasme.
Je rate ma première année parce que je contemple trop. Je n’arrive pas à m’habituer à la beauté et à l’histoire qu’elle renferme. Des professeurs dont je n’avais jamais entendu les noms avant d’arriver à Paris étaient devenus des sortes d’icônes intellectuelles face auxquelles j’avais oublié tout ce que je savais faire. Je déambule pendant des heures sans pouvoir m’arrêter. J’ai l’impression de marcher dans les pas des personnes que j’ai admirées et détestées en même temps, et d’enfin comprendre qui j’étais et pourquoi j’avais tant écrit sur Paris.
Je m’autorise alors à écrire sur d’autres sujets, à expérimenter.
Je prends connaissance du concours de poésie de la Sorbonne, par hasard, en cherchant sur internet une manière de partager ma poésie. Le format du concours me plaît.
Je remporte le prix de la direction des affaires culturelles en 2022 avec ce poème :
[le lien vers le poème n’existe plus sur le site de la Sorbonne, j’essaye de récupérer le poème autrement]
La cérémonie a lieu en juin sur le campus Malesherbes de Sorbonne Université, dans le XVIIe arrondissement. J’y rencontre Alban Kacher, lauréat du prix de la Présidence de la même année. Je ne connaissais rien à la scène poétique parisienne. Il me parle des scènes ouvertes et d’évènements de tout genre comme Cargo, rencontres entre poésie et musique électronique, qu’il avait fondé avec un ami. J’ai l’impression de découvrir un monde extensible à l’infini, dans lequel je trouverai forcément ma place. En octobre, je m’inscris à ma première scène ouverte, je m’y sens bien, je m’y fais des ami·es que je garde encore aujourd’hui. J’en fais régulièrement pendant deux ans. En novembre, je publie dans une première revue. Idem, je publie ensuite régulièrement pendant environ deux ans.
En 2023, je tombe sur l’appel à candidatures annuel du prix de poésie de la Sorbonne. Je relis les conditions : il n’y a pas de limite sur le nombre de candidatures. Je candidate pour la deuxième année consécutive et je remporte le prix de la Présidence avec ce poème :

J’intègre le jury pour l’édition 2024. La même année, j’intègre l’équipe de l’émission Cour d’Honneur de la radio Sorbonne Université en créant la chronique Poésie en Sorbonne. L’émission est diffusée tous les mercredis soirs sur Radio Campus Paris. La chronique d’une dizaine de minutes consiste en la présentation du travail d’un·e poèt·esse, son interview et la lecture de ses textes. L’objectif était de démocratiser la poésie contemporaine au sein d’un cadre institutionnel et d’élite comme la Sorbonne, en proposant des styles et des thématiques d’écriture aussi variés que possible, pour encourager la lecture voire l’écriture auprès d’une population jeune souvent refroidie par un genre encore enseigné très classiquement par les vers, les sonnets et les déclamations solennelles.
Toutes ces chroniques ont été isolées des émissions, et sont disponibles ici.
La même année j’intègre les collectifs du Bordel de la Poésie et de Poétesses Gang. Je quitte Poétesses Gang fin 2024. Je publie en revue et lis sur scène plus occasionnellement. Je m’isole pour écrire Comme les grand·es, à paraître fin septembre 2026 aux éditions Contre-Sort.
Voici une liste exhaustive des textes publiés avant 2026 :
Sans titre (2025) d.ouix Coucou de la main
Polyptyque (2024) revue :arts:publics:, n°2, « itinéraires, trajectoires »
Au menu ce soir (2024) revue Foehn, n°1, « poulpe fiction »
Après le calme vient la tempête (2023) revue Hélas !, collection « Débordements », n°1
La mécanique du sexe chétif (2023) revue Hélas !, collection « Cahiers rouges », n°2
Poésie sensitive (2023) revue Le Coquelicot, n°5, « Zeste »
D’où le danger (2023) revue Hélas !, collection « Cahiers rouges », n°1
Aux marchands de sommeil (2023) Prix de la Présidence, Concours International de Poésie, Sorbonne Université.
Short Poem Service (2022) revue La Syncopée, n°2, « Peu »
Le sac à mots (2022) revue La Syncopée, n°1, « Ikonik »
Sur la création poétique (2022) Prix des Affaires Culturelles, Concours International de Poésie, Sorbonne Université.
Depuis, divers projets individuels et collectifs se multiplient, dans des genres et des thématiques différents. (cf. À propos sur ce site pour les projets en cours). Toutes mes activités plus récentes sont à retrouver directement sur ce site.